vendredi 15 avril 2016

La mendicité au Sénégal

des femmes mendiants devant l'UCAD
La mendicité est un phénomène qui gagne de plus en plus d terrain dans notre pays. Elle se caractérise par des individus qui sillonnent les rues ou qui restent sur des places publiques pour tendre la main aux passants. Que ce soit le jour ou la nuit, ces mendiants ne se découragent jamais même s’ils sont souvent repoussés par les gens. Le Sénégal fait partie des pays d’Afrique qui reçoivent le plus grand nombre de mendiants car il y a des gens qui viennent du Niger, du Mali, de la Guinée et beaucoup d’autres pays et qui s’installent ici uniquement dans le but de mendier.

Au Sénégal, il existe trois sortes de mendicités qui se distinguent par leurs différentes motivations respectives.
un handicapé qui mendie à l'UCAD
Il y a d’abord celle que j’appelle spirituelle, c’est-à-dire la mendicité telle que pratiquée par les baay faal. Pourtant  ces derniers ont la force physique et mentale de travailler comme le fait tout le monde, mais ils ont décidé de renoncer à tout cela par conviction et de se mettre entièrement à la disposition de leurs guides religieux dont ils ne ménagent aucun effort pour satisfaire les besoins .Ces baay faal ne sont pas intéressés par le matériel et ils consacrent  leur temps et leur énergie au service du Guide. La mendicité spirituelle est souvent mal interprétée par les gens qui n’en connaissent pas les motivations et le but visé.
Ensuite il y a la mendicité obligatoire, ce sont les talibés qui se trouvent dans l’obligation de sillonner les artères de la ville pour trouver quoi donner au marabout, s’ils ne veulent pas être maltraités par celui-ci. Ces talibés se lèvent chaque jour à 4 heures du matin et se rendent en ville pour pouvoir recueillir l’aumône le plus tôt possible. Je l’appelle obligatoire car les talibés préfèrent passer la nuit dans la rue s’ils ne disposent pas de la ration quotidienne exigée par le marabout qui est souvent de 500 fr. Comme la mendicité spirituelle, celle-ci est selon ses partisans accompagnée de vertus et c’est elle qui permet à l’individu de se débarrasser de tout ce qui est vanité, orgueil et avarice.
Il y a enfin la mendicité nécessaire qui concerne les personnes handicapées et démunies. Même si la mendicité n’est pas à encourager, j’ose  dire que celle-là  est la plus compréhensible puis que ses pratiquants se trouvent dans l’impossibilité de travailler pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Les mendiants qui viennent des autres pays pratiquent cette dernière et ils deviennent de plus en plus nombreux dans ce pays.

Même si l’Etat du Sénégal a pris des dispositions pour l’éradiquer, c’est un fléau qui est toujours là et qui continue de nourrir des familles et remplir des poches.

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