jeudi 23 mars 2017

la législation petrolière du Sénégal

Idrissa Bodian
Invité au CESTI ce mercredi 22 mars 2017, Idrissa Bodian, ingénieur géologue a élucidé beaucoup de questions relatives à la découverte de ressources pétrolières et gazières sur les côtes sénégalaises. Selon lui, la législation du Sénégal sur le pétrole remonte au lendemain des indépendances. En 1960 déjà, les entreprises pouvaient bénéficier de permis d’exploitation de 5 ans renouvelables 3 fois.
Mais pour un pays qui ne présente pas des caractéristiques favorables à l’exploitation du pétrole, il est difficile d‘attirer les investisseurs et pour pallier ce manque, l’Etat a décidé, en 1998, de mettre en place une nouvelle loi pour faire venir les sociétés, « il faut embellir sa fille pour pouvoir la donner en mariage », donne comme exemple l’ingénieur. Cette nouvelle disposition comportait la suppression des droits de douanes et l’allègement des taxes sur les exportations des produits de ces sociétés.
Jusqu’à présent, cette loi de 1998 est d’actualité au Sénégal, et ce, malgré la découverte récente du pétrole et du gaz dans nos eaux. Ce serait cependant plus judicieux de revoir ce code avec les nouvelles conditions d’exploitation et de profit qui prévalent dans notre pays.
Et à M. Bodian de préciser « la législation pétrolière sénégalaise  ne prévoit pas les bonus ». pour dire que les entreprises chargées de  l’exploitation des hydrocarbures ne sont pas obligées de verser des bonus à l’Etat.

Abdou Gueye, environnementaliste, a tenu quant à lui à renseigner sur les risques qui peuvent peser sur la mer et les espèces qu’elle englobe.  Il s’agit des marées noires, des mers polluées  qui peuvent entrainer la perte de beaucoup de produits halieutiques. Il a tenu à mettre en gare les autorités sur les mesures à prendre pour ne pas patauger dans ces drames. A lui de poursuivre, « les entreprises ne s’occupent que de leurs brutes ». donc c’est à l’Etat de veiller au bien-être de son environnement t de ses citoyens. 

"Ceux qui luttent sont ceux qui vivent"

« Assumer haut et fort nos responsabilités », c’est le souhait qui sort de la rencontre le mercredi 15 mars 2017 au CESTI. Rencontre qui portait sur la vie et l’œuvre de Lamine Senghor .Le front réuni autour d’Omar Dioume Thierno Diop, Jo Diop et Birahim Moussa Gueye prône la LIBERTE concernant la définition de nos politiques de développement.

Des concepts comme le POPULISME, la LUTTE, la REVOLTE, sont les plus marquants dans les discours des conférenciers. Pour se libérer totalement des capitalistes, on doit d’abord se débarrasser du Franc CFA qui constitue un frein à notre développement.

« Il n’y a pas de bonheur, sans révoltes et sans luttes »  une nouvelle société basée sur le PANAFRICANISME doit être l’objectif de tout africain. Cela dans l’optique de se départir du  néocolonialisme qui appauvri notre continent et nous plonge de plus en plus dans la dépendance.

« Ceux qui vivent, sont ceux qui luttent », l‘éthique et l‘esthétique de demain font partie des valeurs qui doivent guider tous nos actes. Le temps de la libération, de l’émancipation  et de la désaliénation s’annonce.


Un message très fort a été prononcé et ce collectif compte sur la détermination, la volonté et le courage de cette jeune génération  pour relever le défi. Mais ce ne sera pas facile car ça passera  forcement par la REVOLTE.

samedi 11 mars 2017

Le conflit casamançais repensé par Jean Claude Marut

   
Jean Claude Marut
 « Le MFDC  a perdu la guerre mais l’Etat du Sénégal ne l’a pas encore gagné »,
le chercheur  Jean Claude Marut affirme, en conférence ce 10mars 17 au CESTI. Le conflit casamançais qui date depuis longtemps a fait suffisamment de dégâts aussi bien du côté de l’armée sénégalaise que des indépendantistes. Selon le chercheur, la participation des medias dans ce conflit est tout simplement réduite  à une information évènementielle. « On en parle que quand il y a une chose d’extraordinaire »

     Cette guerre a pris une autre tournure en 2012 avec l’accession de Macky Sall à la présidence. Sur ce, les américains et les français qui n’étaient pas en phase avec Wade concourent pour la stabilité de la région. Ce qui  est à l’origine de la cessation des hostilités. Depuis, il y a une accalmie due à un affaiblissement des insurgés qui non, seulement manquent de moyens mais aussi d’effectifs.

     Jean Claude fait savoir que même si le mouvement des forces démocratiques pour la Casamance (MFDC) n’a plus une très grande  capacité de nuisance, l’Etat n’a toujours pas réussi à trouver un terrain d’entente entre les deux parties. 

     Il souligne par ailleurs l’efficacité de la gestion du conflit par l’Etat du Sénégal. « Les autorités ne veulent pas parler de guerre, mais plutôt de mission de maintien de l’ordre ». De surcroit, même si l’Etat accepte de négocier, il reste toujours intransigeant face à la question de l’intégrité territoriale. Ce conflit qui dure depuis 34 ans est  l’un des plus anciens en Afrique et pourtant le plus petit en termes de dommages.

     Certains Etats voisins comme le Gambie, la Mauritanie et la Guinée Bissau   ont asymétriquement participé à ce conflit pour certainement « affaiblir » leur voisin sénégalais  et indirectement la puissance de la France dans la région. La vente de cannabis et la coupe illégale de bois ont beaucoup aidé la rébellion dans son financement.

     Des solutions définitives tardent toujours à être trouvées selon Mr Marut, car cette zone est l’une des plus riches du pays.  La Casamance participe grandement à l’économie du pays et à la fourniture de mains d’œuvre. Elle approvisionne les autres régions en fruits et détient d’importantes ressources de Zircon et autre richesses.

     Malgré tout, le Sénégal qui tient à sa souveraineté garde toujours les clés de la résolution d’un conflit qui n’a que trop durer. Les rebelles sont partant bénéficiaires d’aide de beaucoup de mouvements basés un peu partout dans le monde. Très optimiste, Jean Claude, pense qu’au moment où nous sommes, les deux parties ne vont plus s’affronter directement et l’usage des armes est de plus en plus écarté pour une solution durable.


lundi 6 mars 2017

Honneur à Joseph KOTO

Joseph KOTO entraîneur du Sénégal
crédit photo: FSF
De vifs remerciements, c’est ce que mérite  Marie Joseph François KOTO, entraîneur de l’équipe du Sénégal de football des moins de 20ans.  Quoiqu’on puisse dire, il réussit toujours à mettre en place une équipe compétitive qui donne des satisfactions au peuple sénégalais.
Et malgré toutes ses performances, Joseph et son staff sont toujours obligés de crier sur tous les toits pour être payés. En 2015 déjà il déclarait : «  je suis resté plus de 2 ans sans salaire », chose qui est impardonnable pour une nation qui se veut footballistique et qui prétend jouer les premiers rôles et en Afrique et pourquoi pas dans le monde.

Pourtant, chaque année, son équipe est dépouillée et ses meilleurs éléments sont soit âgés soit retenus par leurs clubs respectifs. Dernièrement, il comptait sur des talents comme Ibou SY, Sidy SARR, Rémy NASSALAN, Moussa Wagué entre autre….et pour l’échéance de 2017, Joseph s’appuie sur une jeune équipe composée de joueurs d’avenir comme Ibrahima Niane, Ibrahima Ndiaye, Cavin Diagne, Krépin Diatta…..
C'est avec cette même jeune équipe que Joseph a réussi à gagner le tournoi de l'UEMOA l’année dernière.  
Actuellement  Koto est avec son équipe en Zambie pour la CAN U20. Après sa 1ere place de la poule B, ils devront jouer leur  demi-finale face à la Guinée Conakry ce jeudi. Les Koto boys ont battu le Cameroun par 2 à 0 et qui est sont du coup qualifiés au prochain mondial de la catégorie. Les lionceaux après un nul valeureux face au Soudan ont su se reprendre en battant l’Afrique du Sud par 4 buts à 3. Et ce, après être menés par 2  à 0 en 1ere période. Cela témoigne de l’état d’esprit inculqué par Joseph Koto à ses poulains.

Depuis 4 ans, Koto chemine tout doucement avec ses « boys ». En 2015, le Sénégal organise la CAN U20 et termine 2éme derrière le Nigeria. Place qui lui a valu une qualification en phase finale de la coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Joseph, le saint guide les siens jusqu’en demi-finale du mondial, performance qu’aucune équipe  sénégalaise n’avait  réussi à faire jusqu’ici. 

Après un bref passage chez  les U23 en 2011, Koto  occupe le poste de sélectionneur de l’équipe A avant d’être limogé pour insuffisance de résultats en 2013. Cependant, Joseph KOTO ne désespère pas et continue de faire des merveilles avec ses « gosses » qui sont prêts à tout donner  pour lui. Raison de plus de lui accorder le respect et la considération qu’il mérite.

MERCI JOSEPH…

vendredi 3 mars 2017

Macky SALL, un fin stratège

Macky SALL,President du Sénégal
credit photo :Dakaractu
« Je réduirai l’opposition à sa plus simple expression », chose promise, chose presque due. Cette promesse du Président Macky SALL est en phase d’être réalisée. Voyant la situation actuelle de l’opposition, je serais tenté de dire que Macky avait peaufiné sa stratégie avant même son accession à la magistrature suprême. 

Après sa victoire en 2012, Macky prône le « gagner ensemble gouverner ensemble », beaucoup d’opposants ont adhéré au projet sans même savoir que c’est le début de leur mort politique. Qui aurait pu croire que des partis comme le PS (Parti Socialiste) et l’AFP (Alliance des forces de progrès) vont « s’agenouiller » devant un nouveau parti qu’est l’APR (Alliance pour la République) ?

Très intelligent, Macky continue de piocher des militants dans toutes les formations politiques tout en affaiblissant ainsi ces dernières ou des fois les réduire au néant. En enrôlant Ousmane Tanor DIENG et le bureau politique du PS, « goorou mareem » a réussi petit à petit à disloquer le parti de Senghor. Les querelles internes fusent de partout. Les socialistes ne parlent plus le même langage. Très malin, Macky a intégré certains militants dans son gouvernement les obligeant ainsi à partager son bilan et mettre une croix sur une éventuelle candidature en 2019.
Situation qui agace les jeunes du parti qui comptent défendre et pérenniser les valeurs socialistes que Senghor et Diouf les ont laissées. Ces querelles ont mené à des affrontements et des plaintes entre confrères. Des militants sont arrêtés et emprisonnés pour le grand plaisir du régime.  Macky gagne des points !!!!!!!

De l’autre côté, Moustapha NIASSE « vend » son parti l’AFP pour la présidence l’assemblée nationale. Mais contrairement au PS, les jeunes de l’AFP ont préféré, pour échapper au prédateur Macky quitter le navire et créer une nouvelle formation politique autour de Malick GAKOU, le GP (Grand Parti). Niasse quant à lui s’est très tôt « prosterné » devant Macky et a renoncé à toute possibilité de concourir à la magistrature suprême.

Goorou Mareem ne s’arrête pas en si bon chemin et ose même défier la maison-mère le PDS (Parti Démocratique Sénégalais). Prési a profité du dialogue national pour se rapprocher de ses anciens frères et surtout, surtout éliminer temporairement un adversaire de taille Karim WADE, qui est gracié et exilé au Qatar.  Cependant, de jeunes libéraux se ruent vers les prairies de la présidence et avec l’absence de leaders charismatiques il devient de plus en plus difficile pour mes libéraux de continuer d’exister politiquement.

Malgré la difficulté de débaucher les plus gros morceaux de l’opposition (Abdoulaye BALDE, Idrissa SECK, Khalifa SALL, Malick GAKOU etc..), Macky, le stratège continue de travailler dans l’ombre et de faire la cueillette pour massifier sa coalition et bien préparer les joutes électorales de 2017 et 2019.

Maintenant la question qu’il conviendra de poser est de savoir est ce que cette absence d’opposition digne de ce nom est bonne dans un système qui se veut démocratique ??