samedi 11 mars 2017

Le conflit casamançais repensé par Jean Claude Marut

   
Jean Claude Marut
 « Le MFDC  a perdu la guerre mais l’Etat du Sénégal ne l’a pas encore gagné »,
le chercheur  Jean Claude Marut affirme, en conférence ce 10mars 17 au CESTI. Le conflit casamançais qui date depuis longtemps a fait suffisamment de dégâts aussi bien du côté de l’armée sénégalaise que des indépendantistes. Selon le chercheur, la participation des medias dans ce conflit est tout simplement réduite  à une information évènementielle. « On en parle que quand il y a une chose d’extraordinaire »

     Cette guerre a pris une autre tournure en 2012 avec l’accession de Macky Sall à la présidence. Sur ce, les américains et les français qui n’étaient pas en phase avec Wade concourent pour la stabilité de la région. Ce qui  est à l’origine de la cessation des hostilités. Depuis, il y a une accalmie due à un affaiblissement des insurgés qui non, seulement manquent de moyens mais aussi d’effectifs.

     Jean Claude fait savoir que même si le mouvement des forces démocratiques pour la Casamance (MFDC) n’a plus une très grande  capacité de nuisance, l’Etat n’a toujours pas réussi à trouver un terrain d’entente entre les deux parties. 

     Il souligne par ailleurs l’efficacité de la gestion du conflit par l’Etat du Sénégal. « Les autorités ne veulent pas parler de guerre, mais plutôt de mission de maintien de l’ordre ». De surcroit, même si l’Etat accepte de négocier, il reste toujours intransigeant face à la question de l’intégrité territoriale. Ce conflit qui dure depuis 34 ans est  l’un des plus anciens en Afrique et pourtant le plus petit en termes de dommages.

     Certains Etats voisins comme le Gambie, la Mauritanie et la Guinée Bissau   ont asymétriquement participé à ce conflit pour certainement « affaiblir » leur voisin sénégalais  et indirectement la puissance de la France dans la région. La vente de cannabis et la coupe illégale de bois ont beaucoup aidé la rébellion dans son financement.

     Des solutions définitives tardent toujours à être trouvées selon Mr Marut, car cette zone est l’une des plus riches du pays.  La Casamance participe grandement à l’économie du pays et à la fourniture de mains d’œuvre. Elle approvisionne les autres régions en fruits et détient d’importantes ressources de Zircon et autre richesses.

     Malgré tout, le Sénégal qui tient à sa souveraineté garde toujours les clés de la résolution d’un conflit qui n’a que trop durer. Les rebelles sont partant bénéficiaires d’aide de beaucoup de mouvements basés un peu partout dans le monde. Très optimiste, Jean Claude, pense qu’au moment où nous sommes, les deux parties ne vont plus s’affronter directement et l’usage des armes est de plus en plus écarté pour une solution durable.


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