samedi 10 décembre 2016

"L'heure du leadership féminin a sonné"

Amina Jibril
Amina Jibril Muhamed est la ministre kenyane des affaires étrangères et par ailleurs candidate à la présidence de la commission de l’Union africaine. De passage au CESTI ce 05 décembre, elle en a profité pour dresser un bilan des différentes ressources naturelles du continent et la voie à suivre pour que les autochtones  puissent en profiter le maximum.
« L’Afrique doit être au centre des décisions du monde » selon Mme Jibril plus de 50 % des ressources du monde sont en Afrique. Et hélas, ce sont les autres qui viennent les exploiter et nous revendre les produits dérivés à des prix exorbitants. 
Selon toujours la ministre, pour un développement inclusif et durable les pays africains doivent « aller ensemble ». Des coopérations doivent être établies  et des accords signés entre eux. L’Afrique constitue un vaste marché et ce marché doit s’ouvrir pour la libre circulation des biens et des personnes.
La candidate à la tête de la commission de l’UA a par ailleurs évoqué la question de l’extrémisme en Afrique. « Une bonne redistribution » des ressources doit être effectuée. Près de 70% des africains ont moins de 25 ans, cette jeunesse, si elle n’a pas la possibilité de subvenir à ses besoins, est très fragile face aux nombreuses tentions de l’extrémiste religieux qui les promet un avenir meilleur.
Et pour ce qui est de l’UA, Mme Jibril a fait entendre que l’Afrique s’en sort plutôt bien avec des foyers de tension comme la Centrafrique et le Burundi qui se calment petit à petit. L’UA a toujours été présente auprès des pays sous tension pour promouvoir la paix et la stabilité par des médiations.
Présente à Dakar pour le sommet sur la paix et la sécurité, la ministre compte avec tous les pays d’Afrique « cultiver cette paix et cette sécurité » dans toute  l’Afrique. Ce qui lui permettra e se développer dans la sérénité.

 « Ne laissez pas vos rêves être confiner par les frontières de nos pays. Ne laissez personne vous définir, définissez-vous. Et ne laissez personne vous mettre dans une boite ».tel est le message de Amina Jibril à l’égard des jeunes africains qu’elle considère comme les responsables de l’avenir du continent.

Afrique du Sud vs Sénégal (2-1) : « une défaite qui vient à son heure »

Afrique du Sud vs Sénégal (2-1) : « une défaite qui  vient à son heure »
Kara Mbodj en pleurs
Le 12 novembre dernier, le Sénégal s’est incliné en Afrique du sud, match comptant pour la deuxième journée des éliminatoires de la coupe du monde qui se tiendra en Russie (2018).
Beaucoup de sénégalais et autres commentateurs imputent cette défaite aux erreurs de l’arbitre ghanéen qui a sifflé un penalty inexistant contre le Sénégal. Cette inquiétude est due à la hantise de la non qualification du Sénégal à un mondial qui frappe notre équipe depuis 2002. 
Contrairement à eux, je pense que cette contre-performance peut beaucoup aider les lions du Sénégal pour les échéances à venir.
L’équipe du Sénégal s’est qualifiée pour la coupe d’Afrique des nations(CAN) 2017, en faisant le plein de points c’est-à-dire  en remportant la totalité de ses rencontres (6 victoires sur 6). Performance qui  l’a placé dans une situation de favori pour la victoire finale de la CAN, Gabon 2017.
Ceci étant, les lions se sont vus un peu « trop beaux » et se prenaient  pour les « rois » de l’Afrique. Ce revers à Polokwane (Afrique du Sud) va en quelque sorte permettre à nos lions de « redescendre » sur terre et d’avoir plus de considération pour tous leurs adversaires dans le futur.
En effet cette performance (qualification à la CAN) du Sénégal est à relativiser car il n’a battu que des équipes de seconde zone (Niger, Burundi et Rwanda). De surcroît  les poulains d’Aliou Cissé n’avaient pas à  « bomber » le torse et devaient voir ce qui manque à l’équipe et essayer de l’améliorer.
Cependant notre espoir est entretenu par les larmes de nos joueurs après cette défaite. Aliou Cissé, le sélectionneur a réussi à transmettre son envie, sa grinta (rage de vaincre), son engagement et son abnégation à ses jeunes joueurs.

De ce fait nous restons tous derrière notre équipe et espérons plus de concentration et d’engagement de nos joueurs pour offrir au Sénégal son premier sacre continental qu’il attend depuis longtemps. 

mardi 6 décembre 2016

Le haut Commissariat des Nations Unies au CESTI

Ce jeudi 16 juin 2016 les etudiants du CESTI ont reçu une délégation du Haut-Commissariat des  nations unies pour les réfugiés. Les échanges tournaient autour de la définition des concepts de réfugiés, d’apatrides et de demandeurs d’asile et de la célébration de la journée internationale des refugiés qui est célébrée ce 20 juin.
 Tout d’abord les orateurs ont commencé par la définition des mots clés :                                     Réfugié « C’est quelqu’un qui quitte son pays parce qu’il est persécuté à cause de sa race (couleur de peau, ethnies), de sa religion, de ses opinions politiques, de son groupe social (femmes) et la nationalité. Cette définition figure  dans la convention de 1951.                                                                                
Il y a aussi une autre définition extensive qui est plus africaine : « le refugié c’est lui qui a quitté son pays d’origine en fuyant les conflits ». Il n’est cependant plus protégé par les lois de son pays d’origine tant qu’il n’est pas rentré.
Un demandeur d’asile « est celui qui a quitté son pays et qui a introduit une demande de refugié et en attendant  la régulation de sa situation, il est un demandeur d’asile »
Le déplacé interne « est celui qui quitte une localité dans un même pays pour se rendre à une autre pour cause de conflit ». Il existe environ 40millions de déplacés internes dans le monde.
Un apatride est quant à lui une personne dont aucun état ne reconnait la nationalité 
Un rapatrié est ex refugié rapatrié dans son pays d’origine et recouvre tous ses droits.
Le migrant « toute personne qui quitte son pays pour un autre pays pour des convenances personnelles ».
Migration mixte «  déplacement d’un certain nombre de personnes pour des raisons diverses. Ils prennent les mêmes routes les mêmes moyens »
Mamadou Tandia responsable régional assistant en charge de l’administration affirme que « le HCR est financé par les contributions des états et de certaine bonne volonté ».Sous couvert de l’anonymat un refugié dit « nous vivons des situations précaires .Tout le monde peut être refugié et nous demandons à l’état du Sénégal au nom des conventions signée de nos aider à améliorer nos conditions de vie ».
Introduction au droit international des réfugiés
Pierre ATCHOM administrateur principal régional en charge des urgences
C’est à l’Etat de dire tel ou tel est réfugié. Au Sénégal, il y a une commission nationale pour la reconnaissance des refugié a Sénégal qui se charge de cette question. Si le pays d’accueil ne peut pas s’occuper des refugiés c’est le HCR qui s’en occupe. Le refugié a des droits et des devoirs. Il s’agit du droit  du non refoulement, du droit à un statut, le droit à l’état civil, le droit d’adhérer et de pratiquer la religion de son choix et le droit au travail.
La HCR a trois principales fonctions que sont: D’abord de garantir la protection internationale du réfugié, veiller au respect de la convention, faire un plaidoyer s’il y a violation des conventions par un pays signataire, ensuite fourniture et coordination d’assistance matérielle (éducation, équipement, vivre…) et à la fin la recherche de solutions et la meilleure d’entre elles est le rapatriement.

Le 20 juin de chaque année est célébrée la journée internationale des refugiés et les chiffres publiés cette année font état de plus de 35 millions de réfugiés et de déplacés dans le monde.

"L'anthropologie de la colère"

CHEIKH DIOP, 46eme promotion CESTI
            « ANTROPOLOGIE DE LA COLERE » de Célestin MONGA
Cette œuvre intitulé « Anthropologie de la colère » est publiée en 1994  par l’économiste camerounais CELESTIN MONGA et éditée par l’Harmattan. Il a publié beaucoup d’œuvres et d’articles explorant plusieurs domaines  de sciences sociales. C’est un enseignent chercheur qui est actuellement à la Massachusetts Institue of technology(M.I.T) à Cambridge aux Etats Unis.
L’Anthropologie de la colère essaie de montrer comment les populations africaines tentent de résister et de se défendre ainsi que leurs intérêts face à une élite qui n’est animée  que par un désir d’assouvir des besoins personnels.
Pour ce faire, l’accent est d’abord mis sur un processus d’identification de l’africain. Celle-ci pourrait cependant lui permettre de mieux se connaitre pour pouvoir entreprendre son avenir avec beaucoup plus d’assurance et de certitude. Et selon l’auteur, cette tâche est d’autant plus difficile puis que les africains  aujourd’hui s’inspirent des modes de vie, des processus politiques et socio-économiques qui leur sont étrangers ce qui fait que les autres ne les considèrent que comme des « pèlerins » ou des « usurpateurs ». Si on prend la culture qui doit permettre à tout peuple de s’identifier par rapport aux autres, on voit déjà le paradoxe puis que ce soit notre musiques, danses et autres œuvres d’art n’ont de crédibilité que lorsqu’elles sont reconnues par les occidentaux. Et pourtant dans beaucoup de pays du continent, cette musique a été considérée comme un moyen de lutte contre des gouvernants qui n’ont ménagé aucun effort pour la « remettre » à sa place et limiter la culture à sa simple fonction de divertissement.
Perdue dans ces nombreux modèles importés, l’Afrique se cherche un mode démocratique qui lui sera propre. Les jeunesses africaines ont essayé de prendre les choses en main et étant donné que ni le contexte, ni les moyens ne permettent de le faire, elles se sont tournées vers des méthodes très violentes et des fois jugées anarchiques par les autorités. Il s’agit de la désobéissance civile, de la marche de contestation et même des affrontements avec les forces de l’ordre tout simplement car n’ayant plus le choix et poussées à bout par les politiques. Dans certains cas ces, mouvements sociaux ont profité d’une instabilité politique pour s’éparer du pouvoir, c’est le cas au Congo en 1977 avec Denis Sassou Nguesso et Yombi Opango. On est même allé jusqu’à optimiser ces méthodes anarchiques pour les considérer comme le seul moyen légal à l’alternance des pouvoirs actuels.
Epris de liberté, les africains se détournent de plus en plus  des hommes politiques qui sont tous les mêmes et qui sont incapables de satisfaire leurs besoins. Etant donné que le cadre religieux occupe une place importante en Afrique, les gens décident de se tourner vers  la religion dont les détenteurs constituent de véritables « dictatures de l’idée du destin ». Ceci est le fruit de la déception et du désespoir qui animent le quotidien de ces peuples vis-à-vis des autorités politiques. Même si ces foyers religieux ne peuvent pas améliorer les conditions de vie des africains, il n’en demeure pas moins qu’ils participent pour beaucoup à l’apaisement et à la stabilisation des pays africains. 
L’autre aspect c’est la cohabitation entre la société civile et la démocratie. L’affaiblissement des régimes politiques africains en est la principale cause. De surcroit les partis politiques naissent comme des champignons et chacun essaie de tout faire pour gouter aux délices du pouvoir. A leurs côtés  la société civile qui joue un rôle tout aussi important.
C. Monga tente d’abord de définir le terme qui a des fois du mal à aussi bien jouer son rôle  dans la vie politique que de se trouver une certaine crédibilité devant la population. Dépourvus de pouvoirs, les membres de la société civile africaine ont un énorme problème de communication. Etant donné que les journaux publics comme d’habitude se rangent toujours derrière un pouvoir qui continue de décevoir. De ce fait, ils sont obligés d’utiliser d’autres canaux pour faire passer leurs messages. Par exemple au Cameroun, « des titres officiellement interdis voir saisis ont été lus dans toutes les régions du pays. Des photocopies d’articles censurés se vendent sous le manteau et des stocks de revues interdites sont ventilés dans les différentes localités, transportés par taxi-brousse ». D’autres moyens sont utilisés, c’est le cas des affiches clandestines sur les places publiques. Mais l’avantage de ces dernières est qu’elles atteignent le plus grand nombre de personnes qui constituent le « bas-peuple » et à qui les messages sont destinés. En fait c’est à cause de ces méthodes un peu « violentes » et « anarchiques » de la société civile que se pose la question de savoir si celle-ci  est vraiment civilisée ?
Cependant les membres de cette société civile sont souvent accusés par les autorités d’être des politiciens masqués et qui cachent sciemment leur volonté d’accéder à la magistrature suprême. L’auteur a cependant essayé de donner une solution à cette inconfortable place occupée par nos sociétés civiles en proposant pourquoi pas une représentativité dans les instances de décision notamment à l’assemblée nationale.
Ceci étant, l’Africain se trouve désormais à la recherche de potentielles références qui pourrait le sortir de cette situation d’assujettissement et le guider à adopter une « nouvelle » politique différente de celle de ses dirigeants actuels.  C’est-à-dire une politique qui prend largement en compte les véritables préoccupations de la société et une plus large participation de la population dans la politique de l’Etat.
Il y a cependant dans beaucoup de pays  le phénomène des « villes mortes » caractérisé par des grèves et boycotts surtout dans le secteur public dans le but de paralyser le régime et le monter contre la population. Il faut aussi en ajouter la désobéissance civile qui consiste à un refus de payer aussi bien ses impôts que ses factures d’eau et d’électricité pour diminuer « la capacité de nuisance de l’Etat ». Ces méthodes constituent la nouvelle forme de « violence politique ».
Et pour ce qui est des élections, contrairement à l’Occident, sont considérée comme un acte banal et ne signifiant pas grand-chose pour le citoyen lambda. Ce désintéressement existe tout simplement parce que ce dernier voit toujours les mêmes tètes faire les mêmes promesses et se succéder les uns après les autres. Même si on constate des manifestations avant et après les élections pour montrer une certaine injustice, la situation reste la même et c’est toujours cette bureaucratie qui finira par diriger.
Le fort taux d’analphabétisme politique dont souffrent les peuples africains est selon   Mr Monge la conséquence de cette situation. Même les gens qui devraient prendre la relève ont du mal à s’imposer dans l’arène politique et à proposer aux peuples des projets satisfaisants.
De ce fait le trucage des élections et de mise  le vote n’est donc qu’un rituel pour le citoyen et le pouvoir en place fera tout son possible pour gagner des élections dont il a lui-même choisi les dates et les modalités de déroulement. Toutes les procédures et les calendriers d’élections sont organisés par les institutions de l’Etat, ce qui rend la tâche de plus en plus ardue à l‘opposition de remporter « officiellement » des élections.
Pour ce qui est des élections l’auteur a choisi l’exemple du Cameroun lors des consultations de 1992 qui malgré plusieurs irrégularités notées du  début, en passant par le déroulement jusqu’à la publication des résultats finissent par proclamer la victoire du  régime de Mr Paul BIYA. Et sur ce, la cour suprême qui était sensée recevoir les requêtes et réclamations s’est déclarée à priori incompétente et se contente tout simplement de la publication des résultats définitifs.
De manière générale « ANHROPOLOGIE DE LA COLERE » permet à l’Africain d’effectuer une prise de conscience. C’est une œuvre qui regorge beaucoup d’importance et mérite d’être  considérée avec intérêt.
Les relations entre le pouvoir, la population et l’injustice dont cette dernière est condamnée au quotidien sont battues en brèche. C’est ce qui est à l’origine de cette colère et les mouvements d’humeur qui caractérisent le quotidien des populations autochtones.
Les exemples illustratifs choisis par l’auteur répondent parfaitement à la situation actuelle du continent. Et on pourrait même contextualiser ces évènements cités avec ce qui se passe pour le moment avec des élections truquées, des opposants emprisonnés, des constitutions tripatouillées, des leaders politiques qui ne se soucient pas de la souffrance des populations  et qui ne pensent qu’à  se remplir les poches et se pérenniser au pouvoir.

Mais il faut noter aussi que Célestin MONGA dans cette œuvre soulève des problèmes réels du continent et ses leaders mais ne proposent pas assez de solutions pour lutter contre ces phénomènes. C’est une  chose de soulever des problèmes c’en est tout à fait une autre de tout faire pour les résoudre. On est tous d’accord sur le fait que toute action doit d’abord être théorisée, mais le continent a pour l’instant plus besoin des actes concrets que des théories dont  la plus importante partie de la population n’a pas accès.