lundi 29 mai 2017

Monter, gagner et redescendre


AS Pikine
 crédit photo: aDakar.com
Le championnat de football  Sénégalais est  caractérisé ces dernières années par un phénomène qui mérite d’être analysé. Des équipes qui viennent de division inférieure arrivent à gagner le championnat avant de redescendre la saison suivante. 

Soit les équipes de ligue 1 n’ont pas le niveau, soit  les promus font preuve d’une détermination et d’une abnégation  incroyables.
L’AS Pikine l’a d’abord fait lors de la saison 2012/2013 au cours de laquelle Les banlieusards ont réussi une montée honorable en ligue1. La saison qui suit, (2013/2014) ils vont accomplir une saison formidable en gagnant et le championnat et le coupe du Sénégal. Performance qui vaut  à l’équipe de la banlieue une qualification en tour préliminaire de la ligue des champions mais ils seront très vite éliminés.
Pikine est rentrée de cette campagne africaine fatiguée, extenuée et avec des caisses complétements vides. Au bercail, l’équipe du président Modou Fall a flirté pendant longtemps avec la zone rouge et a fini par descendre en deuxième division.
2014/2015, un autre promu, l’As Douane est sacré après une saison complète. Les gabelous ont réussi  à tenir tête à tous les gros calibres du championnat local. Mais comme Pikine en 2013, ils n’ont pas  accédé aux phases de groupe de la ligue des champions. Cette compétition va complétement les vider de toutes leurs ressources. Mais ils vont quand meme réussir à se maintenir dans l'élite .

Les insulaires de Gorée vont quant à eux effectuer un doublé 2014/2015 en ligue 2 et la saison suivante en première division. Les ex poulains de Aly Male ont vécu des moments très forts durant cette période.

Mais pour l’exercice 2016/2017, depuis son retour de la campagne africaine, l’U.S Gorée a du mal à s’éloigner de la zone de relégation. Et à quelques journées de la fin, il leur faut un véritable miracle pour  se maintenir.

Actuellement, la Génération, Foot est en pole position pour perpétuer la tradition. Premiers et avec longueur d’avance très importante sur leur dauphin Guédiawaye, les académiciens sont à un pas d’un  sacre historique. Reste à voir si Gorée et GF vont constituer les exceptions d’un phénomène qui est en passe de devenir la règle dans le football sénégalais.


lundi 8 mai 2017

Signature de contrat au LYCEE DE PIKINE

Quand l’image des religieux orne l’intérieur des cars

crédit photo:au-Sénégal.com
Il est très rare d’emprunter un  bus de transport en commun sans voir des photos de guides religieux accrochées à l’intérieur. Ces ornements sont l’œuvre soient des apprenti-chauffeurs soient des chauffeurs eux-mêmes. Si pour certains, ces représentations jouent un rôle protecteur, d’autres pensent que c’est tout simplement pour embellir leurs véhicules.

A l’intérieur d’un car rapide, des photos de Cheikh Ahmadou Bamba (fondateur du mouridisme)  remplissent  le pare-brise pouvant même gêner la vue.  Cheikh Diouf roule tranquillement sur la route de Yeumbeul sous les protestations des clients qui sont sûrement pressés. Mais le Baye Fall reste imperturbable. « Ce n’est pas moi qui ai mises ces photos ici, c’est plutôt le propriétaire. Mais tu sais, nous sommes des musulmans et talibés (disciples) de Serigne Touba, donc son image à nos côtés nous rassure beaucoup. C’est une sorte de porte-bonheur pour nous », affirme l’homme aux rastas qui continue de faire la sourde oreille sous la colère de ses clients.

A quelques encablures, au croisement, un car-rapide s’immobilise comme à l’accoutumé pour attendre des clients. Cette fois-ci, les images des religieux ne sont pas très présentes. Son chauffeur, la trentaine affirme, « non ce n’est pas mon véhicule, on me l’a juste cédé pour quelques jours. Mais ces images servent tout simplement à embellir l’intérieur du car ».Cure-dents à la bouche, avec un petit sourire, celui qui préfère taire son nom poursuit, « chaque chauffeur choisit les photos de son guide religieux. Il y’a cependant  certains qui mélangent toutes les photos des différentes confréries du pays.  Cela permet aussi de renvoyer une image positive à ses clients ».         
   
Ce phénomène ne laisse cependant pas indifférents certains .Il peut influencer sur le choix du bus à emprunter. Moustapha Diaw un jeune lutteur assis discute devant sa maison avec ses amis,       « sincèrement j’ai une préférence pour les cars dans lesquels sont accrochées des images des dignitaires mourides. C’est personnel et c’est mon choix même si je n’ai rien contre les autres. Je suis un disciple de Serigne Touba et tout ce que j’ai dans ma vie, je le lui doit donc ça se comprend ». 
   
Toutes les figures religieuses sont présentes. Donc l’ornement dépend de ses goûts et de son appartenance religieuse. L’ambiance est à son comble à cette mi-journée à la station d’essence de Yeumbeul. Pendant que les populations  vaquent à leurs occupations, la fumée des véhicules pollue tranquillement  l’atmosphère. Le vieux Birame Kà, dont le car est pour le moment vide, attend désespérément  son apprenti-chauffeur, parti chercher de potentiels clients, « c’est pour avoir la paix et être en sécurité » balance-t-il,  «Nous sommes dans un pays de paix raison pour laquelle  tout le monde et surtout nous les chauffeurs devons la cultiver. Que ce soient des photos des guides de confréries mouride, Tidiane ou chrétien, le but recherché reste le même. Ces représentations, pour certains ont un caractère mystique car elles jouent un rôle de protecteur», conclut le vieux avec la mine triste, surement fatigué par d’incessants allers retours.
 
Au croisement « Serigne Assane » de Guédiawaye, de jeunes chauffeurs se sont réunis sous une tente pour se protéger de la forte chaleur. Deux d‘entre eux s’adonnent à un exercice de lutte pendant que les autres font office de spectateurs. Maïssa Coura, un apprenti-chauffeur  debout à côté du groupe : «  nous tenons beaucoup à nos guides religieux, c’est pourquoi  nous  accrochons  leurs photos à l’intérieur de nos cars. Mais, cela a aussi un aspect ornemental. Si vous voyez bien y’a des chauffeurs qui préfèrent les lutteurs et les musiciens. J’ai un ami qu’on appelle Boy Niang (lutteur sénégalais) parcequ ’il a entièrement orné l’intérieur de son car des photos de ce lutteur ».

En  pause aujourd’hui, Maïssa Coura aborde un autre aspect de ce phénomène : « ça ne dérange aucunement  les clients, ils ont les mêmes sensations que nous et nous appartenons aux mêmes confréries. Les musulmans et les   chrétiens ont toujours cohabité dans la cordialité au Sénégal, donc le problème ne se pose pas ».

                Cependant, ce fait n’est pas toujours effectif dans tous les bus de transport en commun. Dans les bus « Dakar Dem Dikk » par exemple, aucune image n’est accrochée à l’intérieur pour l’ensemble des véhicules  garés ou en partance au terminus de Notaire à Guédiawaye en cette matinée. Même si les chauffeurs refusent catégoriquement de  s’exprimer sur le sujet, il s’agit pour certains clients de leur statut de transport public. De surcroit, ils doivent faire preuve de neutralité.

                Au volant de son bus tata de la ligne 30, Dieuwrine comme l’appelle ses collègues, roulant vers Gadaye partage à peu près la même idée que les autres chauffeurs.  Des photos de Baye Niasse (dignitaire de la confrérie Tidiane), derrière son siège et celles de Serigne Saliou (fils de Serigne Touba) sur le pare-brise. Il estime que ce sont les tapissiers qui  installent souvent ces photos. Ils  le font parce qu’ils croient en  leurs guides religieux tout simplement.  Dieuwrine  pense aussi que leur présence peut leur protéger contre le mauvais sort et surtout les accidents.

                Les avis divergent sur le sujet. Les uns pensent que ces représentations peuvent jouer un rôle protecteur aussi bien pour les chauffeurs que pour les clients qu’ils transportent. Mais d’autres estiment que c’est tout simplement pour embellir l’intérieur de leurs cars. D’un côté comme de l’autre, c’est un phénomène qui est de plus en plus fréquent dans les cars de transport en commun surtout les car-rapides et « Ndiaga Ndiaye ».



137 ème appel de Mame Limamou Laye

137 éme appel des "Layenes" les 27 et 28 avril entre Camberéne,Ngor et Yoff. Les fidèles sont venus de tous les coins du pays pour le célébrer et se recueillir.